Un peu de littérature et de connaissances historiques sur la plaque de rue émaillée de Paris :
Dès le haut Moyen Age et jusqu'à l'orée du 19° siècle, le langage était
beaucoup plus cru, certains dirons naturel que maintenant. En ces temps là, on
appelait un cul un cul. On en retrouve les traces dans cul-de-basse-fosse et
cul-de-bouteille. Une maison close jadis s'appelait un bourdeau (qui a donne
bordel) et point "maison de tolérance" ou "close". Du moins jusqu'a l'avènement
du ministre Marthe Richard qui en a garde le surnom de "La veuve qui clôt"
puisqu'elle a clôt ces maisons ou le champagne coulait a flot et qu'elle était
veuve. Logique irréfutable !
L'épuration bienséante s'est appliquée
également aux anciens noms de rues. Tout ce qui avait un rapport au sexe avec
les mots crus d'antan a été remanié.
Donnons quelques exemples avec des rues
parisiennes.
La plaque de rue émaillée du "Petit Musc" est la deformation de la rue "La
pute y muse". En français convenable, la péripatéticienne s'y promène.
La
plaque de rue emaillee du Pelican s'appelait la rue "Du poil au con". Pelican
est bien plus séant.
La plaque de rue Reaumur était celle ou les officiantes
attendaient a l'air libre et point en bourdeaux. Elles s'appuyaient sur le mur
des maisons. Voila pourquoi les clients parlaient de la rue "Raie au mur".
La
derniere est beaucoup plus évidente. Comme il y avait des filles en bourdeaux de
grande qualité (qui ont perduré a Paris jusqu'à Marthe Richard donc avec les
fameux "One Two Two" "Chabanais" et "Panier Fleuri" et des filles pour le commun
du peuple, qu'on appelait des "filles publiques", la clientele populaire se
rendait donc a la "Place de la raie publique".
Préhistoire de la publicité (Antiquité-1850)
On trouve, dès
l'Antiquité, des publicités sous forme de fresques vantant les mérites d'un
homme politique ou des annonces de combats de gladiateurs. Une affiche
découverte à Thèbes et datant de l'an 1000 avant J.C. est couramment considérée
comme l'une des premières publicité produite en série; elle offrait une pièce
d'or à qui capturerait un esclave en fuite.
Au Moyen-Âge, les ordonnances royales et annonces commerçantes sont diffusées auprès des citoyens par des crieurs publics, représentant ainsi la publicité de l'époque.
Avec l'apparition de l'imprimerie au XV ème siècle, la page imprimée devient accessible au grand public. On constate l'apparition du flier (petite page imprimée, généralement distribuée à la main dans la rue), et des affiches tapissent désormais les murs des villes.
En 1539, François Ier décrète que les ordonnances seront rédigées à la main en français et accrochées au mur, à la vue de tous après avoir été dites par un crieur.
En 1660, La London Gazette publie dans sa revue une publicité pour du dentifrice. Il s'agit vraisemblablement de la première publicité imprimée dans un périodique.
La Révolution française voit la naissance du marketing politique, des affiches et des pamphlets sont typographiés ou imprimés pour faire s'étendre rapidement les textes révolutionnaires.
Le 16 juin 1836, Émile de Girardin fait insérer pour la première fois dans son journal, la Presse, des annonces commerciales, ce qui lui permet d’en abaisser le prix.
De l'affiche à la télévision
(1850-1970)
Le règne de l'affiche (1850-1920)
Moulin rouge - La
Goulue, 1891, 191 x 117 cm, lithographie à 4 couleursLa guerre de 1870 engendre
de grosses mutations économiques, la production est alors grandissante. La
publicité soutient cette production.
L'extension des réseaux de chemins de fer et l'apparition des grands magasins entraînent une intensification des échanges et un élargissement des marchés. La publicité devient alors de plus en plus nécessaire.
Le fort exode rural de l'époque permet une augmentation du niveau de vie des citadins et donc une augmentation de la production. On voit apparaître les catalogues de vente par correspondance ainsi que les foires-expositions à la campagne.
La libéralisation de la presse permet ensuite d'augmenter le nombre de publicités dans les journaux. En 1896, plus de 37% des recettes du Figaro sont dues à la publicité.
De 1880 à 1900, on assiste à un phénomène appelé affichomanie, c'est-à-dire que les affiches sont de plus en plus collectionnées, ce qui en améliore la qualité. Toulouse-Lautrec et Leonetto Cappiello y contribuent grandement en simplifiant, chacun à leur manière, les formes et les couleurs afin de rendre les affiches plus attirantes. Une affiche coûte en 1900 environ 12 francs 60, alors qu'en comparaison un quotidien ne coûte que 50 centimes.
On voit ensuite s'étendre les logos de marques aux emballages, puis vers 1920 aux produits dérivés (boîtes d'allumettes, cendriers, etc.)
La voix de la publicité (1920-1950)
En 1922 apparaît la radio, les premiers spots publicitaires seront eux diffusés dès 1928.
En 1923, Citroën propose l'achat à crédit avec sa campagne publicitaire, favorisant ainsi les citoyens de la classe moyenne à l'achat.
Dans les années 1930, la publicité américaine, plus technique, entre en scène s'opposant à la publicité française plus artistique comme celle d'un Cassandre. On voit ainsi naître des cours de publicité en école de commerce, puis le métier de publicitaire. La publicité se veut alors technique, presque scientifique.
En 1936, l'apparition des congés payés grâce au Front Populaire permet à la publicité de se tourner vers les vacances et loisirs, en particulier dans le domaine des sports d'hiver.
L'Exposition universelle de 1937 est la première à proposer un pavillon de la publicité. Cela montre, par une transformation des valeurs et l'apparition du marketing.
Après la Seconde Guerre mondiale, les étalages (vitrines et aménagement intérieur) sont mis en valeur. Quatre types se dégagent :
-L'étalage de présentation, qui présente les articles du magasin
-L'étalage d'attraction, qui tente d'attirer l'œil des passants
-L'étalage de prestige, qui donne un aperçu du standing du magasin
-L'étalage de notoriété, qui ne vend presque qu'un nom de marque
Les années glorieuses de la publicité
(1950-1970
Le Plan Marshall permet l'expansion des idéaux américains,
avec comme principal symbole la pin-up.
Durant les Trente Glorieuses, la
publicité renforce l'idée que les loisirs sont hautement importants dans une
vie.
En 1955, les sciences humaines (psychologie, sociologie,...) apparaissent dans le domaine de la publicité. En 1960 ce sont les débuts de la publicité à la télévision, et en 1968 toutes les marques sont autorisées à la publicité télévisuelle, sauf la lingerie, les carburants, les disques, ou encore la margarine, « dans le respect des intérêts fondamentaux de l'économie nationale ».
Evolution actuelle de la publicité (1970 à
demain)
Dans les années 1970, la publicité devient un véritable phénomène culturel, les média analysent les images et les campagnes publicitaires. Ils transforment publicité en évènement, avec par exemple l'émission télévisée Culture Pub.
Dès les années 1980, la photographie prend une place importante dans la publicité par affiche. Elle peut être documentaire (présentation d'un outil et de ses caractéristiques), artistique (principalement pour les publicités de parfumerie), ou au service de l'idée (principalement humoristiques). L'un des évènements les plus marquants de l'époque à été la campagne des affiches Myriam, présentant une femme qui se dénude un peu plus chaque jour.
Dans les années 1990 apparaît le concept de packaging qui met en valeur un produit grâce à son emballage. En même temps, la publicité devient de plus en plus ciblée sur une partie de la population (âge, origine ethnique, ...), et des magasins spécialisés un "style de vie" apparaissent (Nature & découvertes, Fnac Junior, Pimkie, ...). De plus en plus souvent, la publicité s'associe avec une émission ou un évènement, il s'agit alors de sponsoring. Parfois même les marques s'affichent politiquement ou socialement (Benetton dans son combat anti-racisme). Il s'agit de mécénat.
On voit également ressurgir dans les années 90 un mouvement anti-pub, avec comme exemple le plus courant le groupe Casseurs de Pub. Ce mouvement anti-pub dénonce l'impact normatif de la publicité sur les enfants, la privatisation des espaces publics au profit des marques, le gaspillage publicitaire, ...
A l'aube du troisième millénaire apparaît une nouvelle forme de publicité, le shockvertising, basé sur l'aspect choquant des images et/ou sons de la publicité, comme par exemple la campagne de Sécurité Routière.
La destination utilitaire de l'affiche implique son efficacité : s'agissant d'être perçu et compris rapidement par le public, de susciter la sympathie, on a considéré que l'affiche devait être simple dans son dessin et son texte, ses couleurs devaient être vives et attrayantes, cela dès que la nécessité commerciale est devenue une évidence et que, parallèlement, les techniques d'impression (notamment la lithographie) l'ont permis, au XIXe siècle. On a par conséquent fait appel à des artistes, dont le plus connu reste Henri de Toulouse-Lautrec. Si des peintres et lithographes ont ainsi inauguré l'art de l'affiche, d'autres artistes en ont fait une spécialité à part entière et sont devenus des affichistes.
À l'origine collée sur les murs, dans les lieux publics, l'affiche est maintenant majoritairement apposée sur des emplacements réservés : panneaux d'affichage, colonnes, mobilier urbain, etc. Les affiches de petit format (affichettes) peuvent être placées en intérieur, par exemple dans les vitrines de magasin. L'emplacement d'une affiche est essentiellement fonction de sa taille et conditionne aussi son contenu. La multiplication anarchique de l'affichage tout au long du XXe siècle a amené les autorités à le réglementer de plus en plus, jusqu'au point de reléguer l'affichage sauvage à des espaces réduits et des petits formats. Il en résulte que l'affichage autorisé passe par des sociétes spécialisées, dont les tarifs sont fonction de la qualité des emplacements (situation, visibilité, éclairage nocturne) et de la durée de l'affichage.
L'affiche est une oeuvre temporaire : son temps d'existence se limite à quelques jours, quelques semaines au plus (à quelques exceptions près où une affiche acquiert une certaine longévité en étant remplacée). Le support de papier, et souvent les encres d'imprimerie ne peuvent pas résister indéfiniment aux intempéries, à la lumière solaire, ni au temps qui passe. Ce en quoi l'affiche se distingue de l'enseigne, du panneau peint ou sérigraphié, de la publicité murale peinte, destinés à durer sur un emplacement défini.
Beaucoup d'affiches, par leur intérêt artistique, sont
conservées par des collectionneurs ou par des musées, au même titre que des
oeuvres d'art traditionnelles. Des affiches ou des reproductions sont souvent
utilisées comme éléments de décoration, sous le nom anglais de poster. Mais ce
terme désigne aussi des photographies ou des illustrations, imprimées en grands
formats, qui n'ont plus rien à voir avec la vraie affiche.




